Racontars pour (petits) dérangements

20 décembre 2009

azerty

azerty

CIMG1984

Posté par cesetmath à 22:41 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

03 octobre 2009

Une histoire de barbe

Il était une fois un conteur imberbe. Malgré son talent certain, il n'avait guère de crédibilité puisqu'il n'avait pas de barbe. Lorsqu'il contait les enfants s'endormaient, les adultes chahutaient et il s'était même fait hué dans plusieurs maisons de retraite. Il avait bien essayé de mettre un postiche mais la société des gens du métier l'avait dénoncé aux autorités compétentes.

Un jour on dépista trop tard un cancer du foie probablement dû à ce stress accumulé depuis tant d'années. Il fut hospitalisé dans un centre spécialisé. Il reçu une chimiothérapie de confort après laquelle il perdit les rares poils qui lui restaient encore sur le corps. Un après midi, alors qu'il sentait son moment venir, il improvisa un conte pour les patients. Il conta comme jamais il ne l'avait fait, avec verve en mettant force et vie derrière chacun de ses mots. On l'ovationna et il fut applaudi durant plusieurs minutes. Il mourut le soir même. L'infirmière tira les rideaux a minuit pile, comme on referme un livre sur une belle et triste histoire.

Posté par cesetmath à 17:29 - Commentaires [4] - Rétroliens [0]

02 octobre 2009

Dimanche

La nuit fut délicieusement douce. Et je me prélassais dans l'indifférence la plus totale puisque j'étais seul dans ce lit et que ma femme ne m'accordait guère d'attention depuis. Point.

Quand j'ouvris la porte de la chambre je compris la mesure des évènements. Elle hoquetait d'incompréhensibles syllabes et voulait manifestement se rendre aux toilettes. Elle tremblait de tout son corps sur un déambulanteur et sa démarche maladroite m'interpella. Je l'aidai ensuite à baisser sa culotte et s'asseoir.

Elle était beaucoup plus vieille que la veille, je me dis en buvant un café noir dans la cuisine. Dehors les voitures volaient et un homme courait derrière un chien électronique à qui il venait de recharger la batterie. On venait de faire un sacré bond dans le temps. Sapristi.

Elle s'était endormie après avoir fait, je pense, des boulettes de papier hygiénique pour plus tard dans la journée. Cette scène me désola et pour ne pas me laisser envahir par la morosité ambiante je décidai d'aller me promener. Dehors ça sentait bon l'automne. Un dimanche ensoleillé pour se rassasier. Deux femmes faisaient un jogging. Leurs tenues moulantes laissaient outrageusement pointer leurs tétons qu'elle trituraient avec nonchalance et un plaisir non moins dissimulé tandis qu'elles discutaient de la pluie et du mauvais temps. La société changeait, et je m 'accordais bien à ses moeurs. Je me dis. Comme ça. En marchant.

La boulangère régalait les clients de ses miches. Le boucher, couillu comme un taureau, charmait les braves jeunes hommes par des histoires salaces. L'épicier prenait un malin plaisir a étiqueter les fesses de ses plus vieilles clientes pour entretenir leur fidélité. A l'angle d'une rue un curé corrompu me vendit sous le manteau trois ave maria pour la morale. Des slogans publicitaires en hologrammes me barraient le passage et je me détournais d'un groupe d'adolescents pré-pubères qui jouaient à touche pipi en plein milieu du trottoir.

Quand je revins enfin chez moi mes enfant m'attendaient dans le jardin pour le repas dominical. Pierre était chauve et se plaignait d'un priapisme douloureux tandis que Virginie, apparemment ménopausée, astiquait les corps spongieux de son mari.

C'en était trop. Je fuis à l'intérieur, enjambai ma femme qui venait de succomber à une crise cardiaque, et me réfugiai dans la chambre. J'avalai un triple valium sur le pouce et me glissai sous les couvertures. Point final.

Posté par cesetmath à 12:05 - Commentaires [4] - Rétroliens [0]